Métropolisation

Comment nous définissons cette notion ?

Vous savez, c’est ce processus qui défigure nos territoires, nos espaces et rythmes de vies sous le fantasme de quelques élus (métropolitain) et lobby marchands de rendre nos vi(ll)es attractives et compétitives pour rayonner au sein d’une concurrence interurbaine européenne voire mondiale : dans le fond, c’est bien d’une guerre économique interposés entre villes du monde et une guerre sociale dans la ville dominée par les intérêts de la classe dominante et du capital global. La métropolisation, n’est pas simplement un processus « naturel » ou une « fatalité » du système économique contemporain, c’est un projet politique à part entière porté par l’État, et depuis 2014, par les Métropoles.

L’objectif est bien d’attirer touristes, étudiants et classes supérieures vectrices de capitaux et d’investissements permettant la progressive gentrification des centres-urbains tout en reléguant en périphérie voire au delà de la métropole, les classes populaires et les nouveaux travailleurs précarisés et deliveroosés.

Forme avancée du capitalisme néolibéral qui s’encastre dans la terre, de la ville à la campagne, nos territoires se retrouvent défigurés via les outils de planification de l’aménagement dont le fameux outil GPII (Grands et petits projets souvent inutiles et toujours imposés).

Mais la métropolisation, c’est avant tout et surtout un choix politique porté par l’État avec sa loi de Modernisation de l’Action Publique et d’Affirmation des Métropoles (MAPTAM,2014) : tournant sans précédent dans le système politico-administratif territorial, les Métropoles sont en rupture avec la seule approche intercommunale pas suffisamment « moderne » pour accroitre la compétitivité des villes dans une économie mondialisée, qu’il faut désormais « affirmer » en se dotant d’une traduction institutionnel du processus de métropolisation pour mettre au pas, le peu d’élus qui douterait de la pertinence d’une telle concurrence territoriale et de « rationalisation » de l’action publique.

Concrètement, il s’agit de renforcer et spécifier le rôle des métropoles dans l’armature des grandes villes européennes, de faire de cette dernière un espace globalement aseptisé et consensuelle que les incantations d’une « ville durable », « culturelle », « apaisée » traduit relativement bien. 

La Mercapole soit le triomphe marchand de la métropole : où sont les contres-pouvoirs ? 

Alors que les métropoles décident de l’ensemble des pans de notre vie quotidienne (prix du logements et du transports, équipements publics privatisés, mise en tourisme de nos lieux de vies, etc.), comment se fait-il que les habitants n’aient pas leurs mots à dire ?
Pire que nous ignorons une bonne partie des dimensions techniques et financières des projets, des intérêts qui mobilisent les élus de la métropole. Peut-il exister un contre-pouvoirs offensifs à l’échelle métropolitaine portant les intérêts de ces habitants, des salariés et des classes populaires ? 

En réalité, nous sommes nombreux à nous mobiliser contre la gentrification, l’étalement urbain et le grignotage des terres nourricières, l’accaparement de nos espaces vivants et vibrants par leurs mises en spectacle et leurs marchandisation. 

A Nantes, de nombreuses initiatives d’habitants cherchent se mobilisent pour le droit d’habiter les territoires du vivant, à vivre et non pas à survivre, à valoriser par la coopération et le soin portés aux lieux, aux humains et non-humains qui les habitent. Cette entrée est bien politique car les sols, les usages et les singularités qui s’y déploient, dans leurs dimensions affectives, sensibles, vécus, forment des communs dans leurs différences qui ne cessent d’être des différences tout en convergeant autour d’une même question, d’un même enjeu : qui décide et gouverne nos lieux pour les réduire à la spéculation immobilière et comment s’extraire de la rente urbaine pour renforcer nos communs de résistances, d’urgence sociale et climatique ? 

Vous trouverez dans ce site un petit aperçu des luttes urbaines nantaises, de nos problématiques, de nos revendications, de nos réflexions et actions contre la Mercapole, avant qu’elle ne finisse définitivement par être une Nécropole.